Le pourquoi du comment

A 15 ans, mon souhait le plus vif était de faire la révolution (et peut-être bien, même, de couper des têtes). A 16, en plein trip baba, j’envisageais plutôt de garder des moutons. Mises à part ces deux micro périodes, du moment que j’ai su que la presse existait, j’ai toujours voulu être journaliste.

Enfant, je dévorais tout ce qui se lisait, à l’exception des livres pour mon âge. Ma mère achetait Femme d’aujourd’hui, mon père était abonné à L’Aurore (quotidien dont je te reparlerai lorsque j’évoquerai les plagiaires) et mes sœurs – plus âgées de 7 et 9 ans – sautaient sur « Elle » dès sa parution. C’est dans cet hebdomadaire, à travers une femme, que j’ai découvert qu’être journaliste c’était poser des questions à des gens. Elle s’appelait Fanny Deschamps, elle interviewait des célébrités mais c’est elle qui me fascinait. Quand elle est décédée en 2000, à 80 ans, j’ai appris qu’au départ elle était responsable du coton dans une entreprise de textile et qu’elle avait décidé de changer de métier après un grave accident…

C’est elle, je n’ai trouvé que cette photo, de mauvaise qualité.

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J’ai su très vite que je voulais faire une école pour apprendre à poser des questions. La déception a été grande quand, tout juste mon bac en poche, j’ai tenté de m’inscrire au concours du CFJ (le Centre de Formation des Journalistes, qui reste aujourd’hui une école prestigieuse). On m’a ri au nez, mon bac c’était peanuts, il fallait au moins une licence.

A la place, je suis allée à l’Université, section Philosophie. Tu ne vois pas le rapport avec le journalisme ? A ce moment-là, sincèrement moi non plus. Aujourd’hui, je sais qu’elle m’a enseigné un principe essentiel : la méfiance. Vis à vis des idées, des systèmes, du bon sens et de l’évidence. C’est elle, la méfiance, qui pousse à vérifier l’information, à ne pas prendre pour argent comptant tout ce que dit ton interlocuteur, même s’il est brillant, même s’il est convaincant.

La philo c’était bien mais on ne rigolait pas. Au bout de deux ans, je suis passée en Histoire. J’étais pionne, il y avait la fac, le temps s’écoulait comme ça tout doucement. Un matin je me suis réveillée et j’avais 24 ans, il était temps d’agir. Deux mois plus tard, je décrochais un stage au « Point ».

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